Les mots vous appellent… Ils sont prêts de vous, attendant le bon moment pour apparaitre et vous léguer leurs héritages. Les mots ont un pouvoir et se livrent tels des portes sur un nouveau monde dans La Passeuse de mots, tome 1 de Alric et Jennifer Twice, aux éditions Hachette Romans.


> Genre : Fantasy (plus précisément high fantasy et epic fantasy)

High Fantasy : création d’un monde totalement imaginaire

Epic Fantasy : un héros entouré de compagnons doit sauver le monde

> Résumé

Grâce à un traité censé garantir la paix et réguler l’utilisation de la magie, Arya vit dans un cocon bien loin des dangers d’Hélios… Fille de pâtissière, Arya mène un vie paisible en compagnie de ses parents et de ses livres qu’elle ne quitte jamais vraiment.

Jusqu’au jour où une fête en l’honneur du traité de paix tourne au drame et fait basculer Hélianthe dans l’horreur et le chaos. Prête à se battre pour sauver sa famille et son meilleur ami, Arya n’est pas conscience de l’immense responsabilité reposant sur ses frêles épaules.

Elle est la nouvelle Passeuse de Mots, celle capable d’utiliser les mots comme une arme ou comme une bénédiction. Mais pour devenir totalement accomplie, elle se doit de trouver ses Mots, ces parties d’elle disséminées au quatre vent.

En compagnie de Killian, un voleur aussi cynique que doué, Arya mène cette quête lucide des dangers à ses trousses et des épreuves qu’elle devra surmonter pour devenir celle que tout le monde attend.

Voyages entre terre et mer, alliés inattendus, magie… Laissez-vous ensorceler par les mots.


Un voyage du début jusqu’à la fin. Ce sont sept cent pages de pur bonheur que nous proposent Alric et Jennifer Twice. Avec ces reliefs disparates (village médiéval, ville steampunk, souterrain vampirique ou encore mer et monde rappelant un mélange d’Avatar et d’Atlantide), nous sommes entraînés dans un monde aux multiples paysages et aux multiples facettes. De ce fait, ces différents horizons permettent aux lecteurs d’y trouver forcément son compte. Nous ne pouvons pas nous ennuyer une seule seconde. Selon moi, ce voyage littéraire est le gros point fort de ce livre. Il est impossible de se lasser. Il est très rare de passer d’une atmosphère et d’un univers à l’autre dans un même roman, d’autant plus d’une manière aussi fluide. Cette réussite se doit sûrement à l’intervention, non pas d’un, mais plusieurs écrivains. Pour avoir déjà lu des écritures à quatre mains, leurs forces reposent sur la création de récits riches et travaillés. Chaque auteur étant différents, ils apportent donc une diversité de styles et d’idées.

L’histoire autour des mots est vraiment originale. Les mots occupent la première place, ils sont au centre de l’attention. Il serait amusant d’imaginer nos vies si nous avions la capacité d’utiliser les mots pour faciliter nos vies, nous défendre ou transmettre certains sentiments difficiles à exprimer.

Il n’est pas rare d’aborder le thème d’une quête dans les romans de ce type mais l’aspect très positive est que les auteurs n’ont pas fait de cette quête une simple chasse aux mots. Nous avons affaire à un véritable parcours initiatique afin d’apprendre à se connaître, à s’accepter, à faire confiance à son instinct ou aux personnes les plus improbables et à découvrir le monde tel qu’il est et non d’une manière édulcorée.

À travers l’histoire d’Arya, nous nous rendons compte qu’avec les livres mais aussi les autres divertissements du même type (gaming, films, séries…), nous cherchons par procuration à vivre des aventures, à sortir de notre quotidien sans vraiment nous donner la peine de vivre nos propres rêves, de prendre notre courage à deux mains et d’affronter nos peurs, nos doutes pour changer notre vie. Parfois, nous passons à côté de belles choses, de nos talents par manque de volonté. Ce livre met bien en évidence ce message. D’autres valeurs viennent le compléter, comme le fait d’aller toujours de l’avant et d’éviter de penser aux passés pour mieux appréhender l’avenir mais aussi sur la différence à travers Alric par exemple. Nous pouvons être nés avec certaines convictions sans pour autant être en accord avec elles et ceux de ses semblables.

L’autre gros point fort de ce livre sont les personnages, notamment les plus proches d’Arya. Ils apportent énormément de chaleurs aux textes malgré leurs divergences aussi bien physiques que mentales. Ils sont attachants et un profond soutien pour Arya. D’une certaine façon, ils sont tous des repères délivrant chacun quelque chose à l’héroïne. Alric transmet de la douceur, il est un guide presque spirituel, tandis que Killian apporte de l’humour par son cynisme, aussi légendaire que ses aptitudes aux combats, confiance et protection. On finit par Saren qui représente la sécurité paternelle. Cependant, tous dissimulent des secrets, chacun avec ses propres armes.

Ce premier volume laisse planer encore de nombreux mystères et interrogations sur l’histoire en elle-même et les personnages, principalement Killian. Arya est une jeune femme sortant de l’enfance, elle a beaucoup de choses à apprendre mais elle évolue petit à petit, il sera plaisant de continuer à la voir évoluer au fil des tomes, laissant place à une femme et non plus une enfant.

Les derniers chapitres ont été une totale surprise par son atmosphère onirique. J’ai été totalement transportée par ces quelques passages, un véritable moment d’évasion et de douceur. La dernière phrase clôture ce premier volume avec une grande question donnant qu’une seule envie, lire la suite au plus vite. Les sept cent pages ne sont pas suffisantes, j’ai hâte de retrouver l’univers du couple Twice.

Pour finir

Un excellent premier volume. Un univers riche et un voyage garanti dans les contrées d’Hélios et au-delà de ses frontières. Les auteurs nous proposent une idée très originale et bien menée autour des mots. Des personnages attachants et tous différents qui apportent chacun à leur manière une aide très précieuse à notre héroïne sortant de l’enfance. 700 pages de pur bonheur à se procurer sans hésitation.


Citations

En grandissant, j’ai compris que le héros – où l’héroïne – n’est pas toujours celui ou celle que l’on croit.

– J’insiste ! Acceptez ce présent et rayez « jamais » de votre vocabulaire. Ce mot chasse les rêves et met des barrières à votre propre destinée. Il porte malheur !

– […] Il est difficile de construire une relation saine sur des non-dits et de la souffrance, ma fille.

– […] Les apparences sont parfois trompeuses, et victimes et bourreaux se confondent facilement. Encore une fois, je ne dis pas que j’approuve le comportement du roi, mais laisse-lui le bénéfice du doute. Il faut être deux dans une relation, même lorsqu’elle concerne un roi et son fils. Si les choses se détériorent au fil du temps, c’est que le problème vient des deux côtés.

– […] Éprouvez de la pitié pour quelqu’un n’a jamais changé son destin. […]

– Ne soyez pas si désagréable, Prince Ravenwood. Lorsqu’on possède un seul ami, on le chérit. C’est la base d’une relation saine.

– Tu y arriveras. Nous sommes tous nés pour une raison, pas vrai ? Pour accomplir quelque chose en ce monde.

– La folie est, selon moi, une grande forme d’intelligence.

– […] Il faut réaliser tes rêves Arya. Il est honorable de ta part d’aider tes parents, ils comptent sur toi, comme on compte sur les piliers d’une maison pour qu’elle tienne debout. Mais la vie est courte et nous perdons trop de temps à nous soucier du bonheur de nos proches, sans penser aux nôtres.

– […] Le monde n’a pour limites que celles que nous nous fixons.

– Ça viendra : le temps nous permet de découvrir les multiples facettes d’un être.

– Fais de ton mieux, Rosenwald. Souviens-toi de ça. Qu’on soit cent à t’observer ou que personne ne te regarde, le plus important, c’est de faire de son mieux.

– Plutôt intelligent, si vous voulez mon avis, intervient Saren. Parfois il faut savoir admettre sa défaite et fuir plutôt que de risquer sa vie. […]

La distance n’enlève rien à l’amour et à l’affection qu’on porte aux êtres chers, c’est même le contraire. Elle rend ces sentiments impérissables. C’est ce qui nous oblige à revenir vers notre foyer.

– C’est bien là la beauté d’une menace, lieutenant, réplique Killian. Un danger parfait est un danger qui n’a pas l’air d’en être un. […]

– Si je dois agir en tant que conscience, laisse-moi te dire que le pire n’est pas d’échouer mais de n’avoir jamais pris la peine d’essayer. Les erreurs sont une preuve que tu n’as jamais abandonné. Nous serons toujours là pour te relever, t’accompagner, te porter. Témoin de l’ascension de la grande Passeuse de Mots. Si bien sûr, tu te laisses le temps de déployer tes ailes et ne plus craindre le vide.

– Ce que Les mots ne peuvent dire, les yeux le font pour nous.

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